Comment tu qualifierais le début de saison de la JS et comment tu le sens ?
Le début de saison, il est génial. On sort d’une prépa, on a bien bossé. On arrive là sur les premiers matchs qu’on gagne. On est encore invaincus. On va essayer de le rester à travers les matchs qui arrivent. On va prendre match après match. On n’essaie pas trop de se mettre de pression par rapport à ça. Personnellement, je me sens bien dans ce groupe-là. Je me sens, comme je le disais hier, vivant. Je me sens très accompagné, que ce soit par le staff ou aussi par les joueurs. Je sens vraiment qu’on crée un vrai groupe. Et ça fait plaisir de pouvoir travailler tous les jours avec un staff et des coéquipiers comme ça.
Quand on a quatre victoires d’affilée, on se sent fort sur un terrain ?
Personnellement, je vais dire oui et non. On se sent forts parce qu’on est invaincus. Et c’est important pour nous aussi de montrer qu’on est présents cette année. Mais non, ce n’est pas parce qu’on est invaincus qu’on va prendre la grosse tête sur notre jeu. Je pense qu’il faut rester humbles avant tout et ne pas se croire plus haut que ce qu’on est. Et toujours tout donner, peu importe qu’on ait quatre victoires, quatre défaites, deux victoires, deux défaites.
Quels sont, pour toi, les axes de progression de cette équipe ? Alors qu’ils gagnent, mais il y a encore évidemment du travail.
On est une équipe qui est très jeune. C’est vraiment essayer de gagner en maturité de jeu, je pense que ce serait l’axe principal que je peux voir. Après, sur tout ce qui est technique, je pense que le staff a une meilleure vision que moi sur ça. Mais non, je pense que c’est la cohésion qui prime dans ce groupe-là. Donc, qu’on s’entende bien en dehors et sur le terrain, je pense que ça va être quelque chose de très important pour nous cette saison.
Personnellement, toi, est-ce que cette saison, tu as l’impression d’avoir pris de l’épaisseur dans l’effectif ou pas ?
Oui, quand même. Je sais que mon rôle a changé. J’essaie de pouvoir pallier ce rôle-là qu’on m’a donné. Je prends beaucoup de plaisir à pouvoir apporter ce que je sais faire et tout à mon équipe.
Ton rôle a changé, tu peux l’expliquer, le développer ?
Cette année, j’ai plus un rôle défensif, on va dire, que l’année dernière. C’est sûr qu’avec le départ de Thomas, il fallait pallier le côté défensif. Je pense que vous avez pu voir sur les premiers matchs que je défends plus que l’année dernière. C’est un rôle que je prends très à cœur parce qu’on a toujours eu une grosse défense. Donc, ça me tient vraiment à cœur de reprendre ce rôle-là et vraiment aussi de marquer mon empreinte au sein de cette défense.
Est-ce que quand le départ de Thomas a été annoncé, est-ce que directement, on t’a dit que c’est sur toi que va reposer le secteur défensif ?
Pas directement parce que la saison n’était pas encore terminée quand je savais déjà que Thomas allait partir. Mais dès le début de saison, je me doutais que j’allais devoir être plus présent défensivement.
Quand on regarde ton parcours sur les quatre dernières années, tu peux nous dire comment tu vis cette progression ? Je m’amusais tout à l’heure à lire sur Internet tes premiers buts en N3. Quel chemin as-tu parcouru en quatre ans ?
Oui, c’est vrai que ça fait plaisir d’avoir parcouru tout ce chemin-là. Je n’oublie pas non plus tout ce que le club a mis en place pour que j’arrive à ce niveau-là, que ce soit au niveau direct avec le centre de formation, avec les cours, avec les aménagements des emplois du temps, etc. Surtout avec le staff qui m’a toujours aidé et qui a toujours su répondre à ce que je pouvais demander ou à ce dont j’avais besoin. Je compte continuer de travailler encore pour essayer d’aller chercher plus, je dirais.
J’imagine qu’un des éléments de la cohésion, c’est aussi le fait que vous soyez plusieurs à venir du centre de formation. Est-ce que j’ai raison ?
Oui, en soi, on se connaît tous un peu depuis longtemps maintenant. Léo, ça va faire quatre ans que je le connais. Dayann, pareil. Dino, trois ans. Et je peux en citer plein d’autres que je connais depuis longtemps. Donc c’est sûr que la cohésion, elle est vachement plus facile. Surtout quand on rapporte des gens comme Tristan qui viennent d’ici, donc qui sont déjà accoutumés à la région. C’est vrai que c’est plus facile de s’entendre.
C’est une équipe jeune, mais on peut peut-être dire que c’est finalement une équipe arrivée à maturité collectivement.
Oui, c’est ça. On garde cette expérience du vécu commun. Exactement, c’est ça.
Tu as toujours ton projet avec la sélection ?
Oui, il y a toujours le projet à côté. J’ai suivi ce qu’ils ont fait du côté des Jeux méditerranéens. Ils ont fait une troisième place, donc c’est super. Et là, je continue quand même de penser à ça. Mais dans un second temps, je préfère d’abord penser au club. Je trouve que le début de saison est très important. Et la sélection, ça vient après. D’abord, bien me concentrer avec le club. Et après, voir avec la sélection ce que ça donne.
Potentiellement un rassemblement en novembre ?
Potentiellement, oui. On n’a pas encore de date sur ça. Ça devrait arriver, mais pour l’instant, je ne suis pas trop focus sur ça, pour être honnête. Plus sur bien commencer et surtout sur le match qu’on a vendredi face à Istres.
Justement, à quoi tu t’attends vendredi contre Istres ?
On sait en soi que c’est une équipe qui descend de D1. On sait que c’est une équipe qui a les armes pour faire une grosse saison. Mais on est sereins. Ils viennent chez nous, on a un gros public. Et nous, on a à cœur de faire une belle performance devant notre public. Et de continuer à faire ce qu’on fait depuis le début de saison. Sans forcément se mettre de pression parce qu’ils viennent de D1. C’est une équipe comme nous. Ils auront 7 joueurs sur le terrain comme nous. On va se battre à armes égales.
Un petit mot sur les deux derniers matchs qu’on a vus à Jaurès. On t’a vu marquer plusieurs buts dans la cage vide sur l’engagement. Est-ce que c’est un truc qui est ciblé ?
Ce n’est pas forcément un truc ciblé. Évidemment, je l’ai déjà travaillé à l’entraînement. J’en ai parlé avec les gardiens pour qu’on mette en place certaines choses. Du moment que le coach ne me dit pas d’arrêter, je compte continuer. Comme ça marche, je pense qu’il va me dire de continuer.

Quatre matchs, quatre victoires. On attend la cinquième. Vous aussi ?
Je l’attends. Comment vous dire ça ? Je préfère être à quatre victoires, ça c’est sûr. Est-ce que j’ai envie de gagner le cinquième ? Ça c’est certain. Mais pour gagner le cinquième, il y a d’abord une semaine à vivre, qui va nous permettre d’arriver au match dans les meilleures dispositions. Quand on est dans ces périodes-là, on est à la fois dans l’euphorie. Les moments de fin de match, ça passe trop vite. On est tout de suite dans l’après. Ce qui fait que quand on est tout de suite dans l’après, on a envie de revivre ces moments-là. Et on a tendance à être trop vite dans le futur. Donc il faut vraiment trouver le juste discours, la juste façon de travailler pour que l’on vive tous les jours de travail comme des jours essentiels pour arriver prêt le vendredi, pas le mardi, pas le mercredi, pas le jeudi. Donc oui, je pense à l’IPH parce qu’on prépare et parce qu’on étudie cette équipe et qu’on cherche à trouver les meilleures armes pour essayer de la déstabiliser et de la battre. Malgré tout, on est quand même dans le présent, dans le jour même et dans la volonté de vivre tous les jours une expérience supplémentaire, un entraînement supplémentaire d’abord, avant de penser à vendredi.
Tu parles un petit peu d’euphorie. Est-ce que tu la sens dans le groupe ? Est-ce qu’il y a besoin de la canaliser ?
Oui, ce n’est peut-être pas le bon terme, euphorie. Il y a de la joie, il y a des sourires. Et ça tombe bien parce que moi, j’ai beaucoup insisté là-dessus pendant toute la prépa. Que tout le monde vienne avec le sourire, avec la banane, avec l’envie de s’entraîner, avec l’envie de progresser et la capacité aussi à se remettre en question. On a fait vidéo sur notre match ce matin.
On a montré ce qui n’avait pas bien fonctionné. Et moi, je vois que derrière, ils sont tout de suite capables de se remettre en question et de produire des choses qui peuvent parfois les mettre un peu en difficulté, mais sur lesquelles ils ont envie de travailler. C’est vraiment la grosse force de ce groupe. C’est à la fois d’être dans le plaisir et dans le partage, mais aussi dans la remise en question permanente. C’est de la joie. Il y a l’euphorie de la victoire et l’adrénaline de ce moment, du dernier but, qui est génial. Profiter des quelques moments après, mais aussi la capacité à basculer dans le jour d’après, dans le jour de l’entraînement et dans la préparation du match.
Justement, ce petit but de fin de match, il fait oublier qu’il y a eu un match compliqué, finalement, pendant 59 minutes.
Je pense qu’ils y ont pensé pendant tout le match. Ils y ont même pensé avant. J’entends Axel dire à la mi-temps qu’on savait que ça allait être un match compliqué, que Frontignan, c’est une bonne équipe avec des joueurs qui sont des joueurs qui aussi ont un peu bourlingué sur la ProLigue et pour la plupart, pour certains, sur la D1. On savait que ça allait être tendu. On sait que tous les matchs en ProLigue, de toute façon, sont intenses et disputés. Je trouve qu’ils ont bien abordé ce match-là et que dans un match qui a été tendu, où on a moins maîtrisé les choses, où on a fait preuve d’un peu moins de fluidité, on a quand même gardé le cap mental de la cohésion et de vouloir faire les choses ensemble. Ça, c’est le plus important.
Comment on s’est identifié un peu les faiblesses, justement, sur lesquelles il faut insister particulièrement ?
Oui, ce ne sont pas toutes les mêmes sur toutes les sorties. On avait insisté sur la notion de duel dans ce match-là et c’est vrai qu’ils s’y sont vraiment investis, dans le duel. Ça nous a peut-être coûté un peu de continuité, un peu de fluidité. On avait fait preuve plutôt de maîtrise et d’aisance dans le jeu d’attaque sur les sorties précédentes. Là, on a été un peu plus hachés dans ce qu’on a proposé. Malgré tout, on en met une nouvelle fois plus de 30 buts, donc on est quand même dans ce qu’on veut proposer en termes de rythme et d’utilisation des ballons. Mais c’est aussi à nous, le staff, d’insister sur peut-être un point faible de l’équipe adverse à essayer d’exploiter et en même temps de conserver ce qui fait notre force. On a essayé d’insister là-dessus et je pense qu’on a la capacité vraiment à alterner avec des joueurs forts du jeu de duel, du jeu de percussion, Dayann qui a été exceptionnel dans ce jeu-là. Et puis un jeu qui est plus aéré, avec des ballons qui sont amenés un peu plus sur les côtés, comme on l’avait fait sur les sorties précédentes.
Tu as évoqué la fatigue après la victoire. Est-ce que tu l’as sentie cette semaine ? Est-ce que du coup, tu as un peu modifié l’entraînement ?
Je pense que plus que de la fatigue, c’est aussi de la fraîcheur. De la fraîcheur à la fois physique et mentale. On avait ciblé, et Mathieu Barbier, le préparateur physique, avait ciblé cette semaine précise comme étant une semaine de décharge. Donc on a retiré deux séances. On les a laissés au repos hier matin, on les a laissés au repos cet après-midi. Par contre, on insiste sur conserver l’intensité à l’intérieur des séances et donc la capacité mentale à vraiment se concentrer. C’est pour ça que j’insiste là-dessus sur la construction de la semaine. On ne peut pas déjà être dans Istres. Il faut déjà qu’on soit dans chaque séance. Puisqu’on a programmé une semaine un petit peu différente, pour que mentalement, on soit investis à 100 % dans ce que l’on fait. Et sur les deux séances du début de semaine, ils répondent parfaitement à ce que l’on attend. On sait qu’un cycle de travail ne peut pas être tenu pendant toute la première phase. Donc on avait insisté sur ce cycle de quatre premières rencontres, une semaine de décharge ici, et puis le renchaînement après sur les matchs qui vont venir jusqu’à la trêve.
Ton histoire avec ce groupe est courte encore, avec la préparation, ces quatre premiers matchs. Est-ce que par rapport à ton plan de jeu que tu voulais mettre en place, à ce que tu avais imaginé, à ce que tu vois là aujourd’hui, tu dis que cette équipe peut peut-être aller encore plus loin que ce que tu pensais au début de la préparation ?
Oui, sincèrement. Et notamment sur l’aspect physique et le rythme de jeu. Je m’aperçois là, ça fait trois semaines qu’on a mis en place un certain type de séance, un certain type de travail. Et là, on vient de sortir d’une séance en se disant : ils ont vraiment progressé là-dessus. Je pense qu’on n’a pas encore la capacité de le tenir sur un match entier. Mais notre idée, ce n’est pas d’être au top tout de suite. On sait très bien qu’on construit une équipe sur une saison, surtout dans un championnat qui est dessiné avec des playoffs. Et qu’on soit capables de progresser pendant toute la saison, d’apporter des éléments tactiques tout au long de la saison, et d’arriver vraiment avec la trousse à outils pleine et les réservoirs pleins pour les playoffs. C’est un peu ça l’idée. Et je me dis aujourd’hui que cette équipe a la capacité physique, technique et tactique, sur un enchaînement de six matchs en trois semaines — puisque c’est ça les playoffs —, de tenir le rythme et d’avoir pas mal de solutions tactiques dans sa trousse à outils.
Malgré son jeune âge ?
Oui, alors on péchera sans doute par excès de précipitation, par manque d’expérience, mais ça, ça se compense quand on joue une saison sur deux fois une heure. Je pense que la maîtrise fait partie d’un des éléments indispensables, mais le cœur aussi, et je pense qu’on est en train de se construire un beau et un gros cœur.
Vous avez déjà la tête au playoffs ?
Alors, je n’ai pas encore la tête aux playoffs, mais j’ai conscience, nous avons conscience avec le staff et les joueurs que c’est un moment clé. Donc on a envie de se construire pour faire la meilleure saison possible, mais surtout pour arriver à être qualifiés pour les playoffs et à être qualifiés avec le maximum d’armes et le maximum de joueurs présents et le maximum d’essence dans le réservoir. On prend en compte la façon dont le championnat se déroule. On a une première partie qui est une première partie classique et puis la deuxième qui sera une première partie à élimination directe. On ne joue pas de match à élimination directe, par contre on construit tout ce que l’on va pouvoir mettre dans ces matchs-là tout au cours de la saison.
Il n’y a pas de match facile en ProLigue, mais peut-on dire quand même que Istres, c’est l’adversaire à priori le plus compliqué que vous allez rencontrer depuis le début de la saison ? Plus que Valence encore ?
On a quand même fait costaud en allant gagner à Valence et en allant gagner à Pontault. On a croisé des équipes, de solides équipes de ProLigue. Là, c’est une équipe qui descend de Starligue avec des joueurs expérimentés qui ont pas mal voyagé, et en Starligue et, pour certains, à l’étranger. Je ne sais pas si c’est la plus solide, en tout cas ils ont un effectif qui ressemble à un effectif de Starligue, mais ça reste une rencontre de ProLigue à Cherbourg, à Jaurès, dans le chaudron de Jaurès. J’ai surtout envie qu’on construise bien encore une fois cette semaine pour y arriver avec beaucoup d’éléments et beaucoup de fraîcheur mentale et physique.
Si jamais vous arrivez à gagner 5 sur 5, ça commencerait quand même à causer…
Déjà 4 sur 4, c’est pas mal, non ? Mais 5 sur 5, ça sera encore mieux ! Oui, ça sera encore mieux, c’est ce que je disais à votre confrère. Moi, je me demande surtout comment on fait pour continuer, surtout pas quand est-ce que ça va s’arrêter. Moi, je vois qu’on travaille et on travaille bien et on bosse bien ensemble, tout le monde a envie d’avancer et de mettre l’énergie dans le même sens, c’est ça qui est important. Et ce qui m’intéresse, c’est surtout le chemin que l’on prend pour arriver à ce que l’on fait le week-end, parce que finalement la victoire, c’est la conséquence de ce qu’on fait. Je ne la vis pas comme étant l’objectif ultime, on ne sera pas des mecs meilleurs, on ne sera pas des personnes plus jolies, plus belles à regarder, que ce soit de l’extérieur ou dans notre âme, si on gagne ou si on perd un match.
En revanche, si on fait toutes les choses ensemble, si on donne tout ce qu’on a pendant la semaine, là, on pourra être fiers de nous. Il y a une phrase sur laquelle j’ai insisté auprès de Lacombe, pour qu’il la mette à l’entrée des vestiaires, à l’entrée et à la sortie des vestiaires, c’est : « As-tu donné ton maximum ? » Et ça, c’est vraiment le leitmotiv qu’on doit avoir à chaque séance et à chaque match. Après, si ça nous mène à une victoire, tant mieux, tout le monde est content et c’est génial. Parfois, ça ne nous mènera pas à une victoire, mais on aura fait le maximum.
